• Quand la science s\'inspire de Harry Potter.

    Il n’est pas rare que les œuvres de fiction soient source d’inspiration pour les scientifiques. Il arrive même que, dans certains cas, la réalité dépasse la fiction. Ce qui était science-fiction jadis peut être pleinement ancré dans la réalité actuellement et entré dans les mœurs de tous.

    Nous avons décidé de regrouper ici 3 exemples pour lesquels Harry Potter a été la source d’évolution ou d’inspiration dans le domaine de la science.

     1- Une guêpe « potterienne » :

    Notre premier exemple est tout récent. Une espèce nouvelle de guêpe, du genre Ampulex, a été découverte. L’une des particularités des cette guêpe thaïlandaise (qui ressemble à une fourmi) est d’injecter un venin à sa proie (très souvent des cafards, proies privilégiées de l'insecte) afin de l’immobiliser et de la rendre docile. Une sorte de « zombification ».* La guêpe n’a alors plus qu’à saisir l’infortuné pour le guider vers l’endroit où il servira de pouponnière vivante (la guêpe pondant directement dans la proie).

    Alors qu’habituellement se sont les découvreurs de l’espèce qui lui attribue son nom latin, cette fois-ci, le Muséum d’Histoire Naturelle de Berlin a décidé de soumettre au public le choix du nom de cette nouvelle espèce afin de le « connecter émotionnellement à la biodiversité et à sa richesse ».

    Parmi quatre propositions, les visiteurs ont majoritairement plébiscité celui d’Ampulex dementor, en référence aux Détraqueurs (Dementors, en anglais) de la saga potterienne.

    En effet, le fait que la guêpe enlève toute volonté propre à sa proie n’est pas sans rappeler les effets provoqués par les effrayants gardiens d'Azkaban.  

    *A noter que ce phénomène de « zombification » n’est pas un cas isolé. Ainsi la petite douve du foie (Dicrocoelium dendriticum), ver parasite animal, l'utilise également. L’hôte final de ce parasite est le mouton mais pour compléter son cycle vital, la petite douve a besoin de passer par deux hôtes intermédiaires : un mollusque terrestre (tel l’escargot) et une fourmi. L’escargot va avaler les œufs du parasite présents dans les défécations du mouton. Les œufs éclosent dans la cavité digestive du gastéropode pour donner des larves qui vont sortir du premier hôte entourées de mucus. Ce mucus est ensuite avalé par une fourmi. Les larves vont alors s’enkyster.

    Pour que le parasite termine son cycle et arrive dans son hôte définitif il va falloir que les fourmis se fassent avaler par un mouton. Comment faire pour être certain que la fourmi soit mangée par le mouton ? C’est à ce niveau qu’intervient le phénomène de « zombification ». Bien évidemment, il ne s’appelle pas comme ça en biologie, j’ai, ici, utilisé une référence imagée. En biologie, on appelle cela un phénomène de manipulation parasitaire.

    Ainsi donc, lorsque les kystes de larves parasitaires se trouvent au niveau des nerfs des mandibules de la fourmi, celle-ci va présenter des anomalies de comportement. Elle va monter au sommet des tiges et des feuilles des hautes herbes (graminées) sans pouvoir en redescendre. Un mouton qui serait en train de brouter l’herbe aura donc toutes les chances d’avaler une fourmi parasitée. La boucle est bouclée, le parasite peut alors passer à l’état adulte (ver) dans le mouton et terminer son cycle. Il pondra par la suite des œufs qui se retrouveront dans les défécations du mouton et relancera alors un nouveau cycle.   

     

    2- Des réponses écrites en lettres de sang :

    Ce deuxième exemple est un peu plus ancien mais est passé assez inaperçu. En s’inspirant du journal de Jedusor, une équipe de scientifiques australiens a mis au point un test sanguin rapide.

    Vous vous rappelez sans doute comment fonctionne le journal de Jedusor : il suffit qu’Harry écrive une question dans le journal pour qu’une réponse apparaisse.

    Le test sanguin créé par les chercheurs utilise le même principe. La feuille, composée d'un réactif hydrophobe, va dévoiler les marqueurs de tel ou tel type de sang. La lettre du groupe sanguin (ABO) ainsi que le rhésus (+ ou -) vont apparaître après être entrés en contact avec le sang. 

    D’après le scientifique ayant dirigé l’équipe, Wei Shen, de la Monash University Faculty of Engineering, cette méthode permettrait de réduire les erreurs médicales lors de transfusions dans les pays en voie de développement ou lors d’accidents nécessitant une intervention très rapide.

    « Dans de pareils cas, une lecture sans ambiguïté telle que permise par ces bandes serait primordiale. »

    Il représenterait également un outil simple, peu coûteux et facile à interpréter pour que n’importe qui puisse connaître son groupe sanguin avec un taux de réussite très convaincant.

    Toujours d’après Wei Shen : « La vision de la romancière nous a montré qu'un mécanisme non conventionnel pour dévoiler un résultat en utilisant un papier disposant de capteurs précis devrait être exploré. Et désormais, nous sommes en mesure de créer un produit sans réponse équivoque, qui serve de test sanguin ».

     

    3- La cape d’invisibilité : un rêve à portée de main ?

    Ce troisième et dernier exemple ne date pas d’hier et représente l’un des rêves les plus anciens de l’humanité, celui de devenir invisible.

    Ainsi donc, il n’est pas étonnant que de nombreux chercheurs aient, très tôt, travaillé sur des projets, prototypes permettant l’invisibilité. Partant de cela, il n’est pas tout à fait vrai d’affirmer qu’Harry Potter ait inspiré la science mais il a sans nul doute joué un rôle dans l’engouement des scientifiques pour recréer une cape parfaite permettant de « donner l’illusion de l’invisibilité ».

    L’invisibilité fait l’objet d’une « guerre » technologique est scientifique sans merci depuis le début des années 2000, principalement entre les chercheurs américains et japonais. C’est à ceux qui développeront l’invisibilité la plus parfaite.

    Afin de rendre un objet « invisible », l’idée est de le recouvrir d’une « cape » fabriquée dans un matériau possédant des propriétés physiques qui n'existent pas dans la nature. La lumière visible doit être courbée autour de l’objet de sorte que ce dernier ne la réfléchisse pas. Ainsi, les ondes électromagnétiques sont dirigées dans la cape de façon à contourner l’objet avant de poursuivre leur trajectoire normale. L’œil de l’observateur voit donc ce qui se situe derrière la cape.

    Différents projets sont en cours mais il s’agit là de dissimuler des objets et non des humains. De plus, des problèmes physiques sont encore à surmonter.

    Ainsi, contrairement à ce que laisse penser la photo ci-dessous (simple trucage réalisé avec une caméra et un mini vidéoprojecteur projetant à l’avant ce que filme la caméra à l’arrière de la cape), une cape d’invisibilité comme celle d’Harry n’est pas encore pour demain. Et si celle-ci voit le jour dans les décennies à venir, elle sera sans doute exclusivement réservée au domaine militaire ou de l’espionnage.

     

    Pour en savoir plus, n'hésitez-pas à consulter nos sources.

    Sources : Pour la Science, Actualitté, Le Figaro, Locita

    Billi the Kid


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :