• Pottermania et politique : l'un peut-il influencer l'autre ?

    Pensez-vous qu'être fan de l'univers d'Harry Potter puisse vous influencer dans vos opinions politiques ? 

    Si votre réponse est non, lisez plutôt ce qui suit :

    Selon une étude américaine, 58 % des fans de HP ont voté pour le candidat démocrate, Barack Obama, lors des élections présidentielles de 2008, alors qu'ils n'étaient que 15 % à voter en faveur de John McCain, le candidat républicain.

    Pareillement, les jeunes de la génération Y* n'ayant lu que quelques tomes voire aucun, ont voté à 45 % pour Obama et 23 % pour McCain.

    La génération Y américaine, qui a grandi avec le phénomène Harry Potter, serait plus tolérante, plus engagée politiquement, opposée à la torture et à la peine de mort, .... Elle aurait forgé ses convictions et engagements politiques en plongeant dans les aventures du célèbre sorcier à lunettes rondes. 

    En tout cas, c'est ce que soutient le livre Harry Potter and the Millennials : research methods and the politics of the Muggle generation publié cet été et rédigé par Anthony Gierzynski, professeur de science politique à l’Université du Vermont. 

    Pour étayer son étude, Gierzynski s'est appuyé sur des sondages et des entretiens réalisés auprès de 1 100 étudiants américains qui avaient l’âge du trio au moment de la publication des premiers tomes.

    Le journal Métro, dont sont issues les informations de cet article, a interviewé l'auteur de l'étude. Morceaux choisis de cette interview :

    Métro : Pensez-vous que votre échantillon d’étudiants, qui proviennent d’universités assez différentes, est représentatif de la génération Y?
    A. Gierzynski : Il était suffisant pour tester le lien entre l’exposition à la série Harry Potter et les opinions politiques des enfants du millénaire. C’est donc une bonne représentation de la génération Y au sein des universités américaines, mais malheureusement pas de cette génération en entier.

    Métro : Dans ce livre, vous observez que les adolescents qui ont lu Harry Potter et ont grandi avec la saga ont assimilé des valeurs politiques qu’ils appliquent dans la réalité…
    A. G. : Même si les livres de J. K. Rowling sont faits pour divertir, le but de l’histoire est que les personnages apprennent certaines leçons au fil de la quête et démontrent certaines caractéristiques propres.

    Quand nous sommes plongés dans un récit et que nous nous identifions aux personnages, nous assimilons ces leçons et, parfois, nous adoptons même leurs caractéristiques. Harry et ses amis témoignent d’une forte aversion pour la violence, combattent pour la tolérance et l’égalité et s’opposent aux autorités oppressives. Nous avons trouvé que les fans de la série ont souvent des valeurs similaires.

    Métro : Selon votre étude, les fans de Harry Potter ont en majorité une vision négative des années Bush et ont voté en majorité pour Obama…
    A. G. : Plusieurs facteurs peuvent définir les opinions politiques des individus. Harry Potter en a été un pour les enfants du millénaire. Pour certains, la série a renforcé des opinions qu’ils ont acquises ailleurs. Pour d’autres, elle a forgé la façon dont était vue l’administration Bush. Ces deux effets sont importants, et comprendre le rôle que ces livres ont joué pour les membres de cette génération qui en sont fans nous a aidés à compléter le casse-tête des origines des opinions politiques des Y.

    (...)

    La totalité de l'interview est à lire ICI

    Enfin, dans son livre, Gierzynski distingue six leçons tirées de la série Harry Potter qui ont renforcé les valeurs et idéaux politiques des fans :

    - Ne pas juger une personne (ou une créature) par son apparence ou son sang.

    - Tout le monde a le droit à la dignité et à la liberté.

    - Ne pas être autoritaire.

    - La violence et la torture sont mauvais.

    - Les leaders politiques sont corrompus et incompétents.

    - Etre sceptique et non cynique.

     

    La génération Y regroupe des personnes nées approximativement entre la fin des années 1970, ou début des années 1980 (selon les sociologues) et le début des années 2000. Les américains utilisent également l’expression digital natives ou net generation pour pointer le fait que ces enfants ont grandi dans un monde où le PC, les jeux vidéos et l'Internet sont devenus de plus en plus accessibles et prenant une place prépondérante.

     

    Source : Métro

    Billi the Kid


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